Il
est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur.
[Jean-Jacques Goldman]
La perte
d'êtres
qui nous sont chers (parents, amis...) laisse dans nos cœurs une blessure
qui ne se fermera jamais. Parfois les mots ne sont pas assez forts pour l'exprimer,
mais sont là, présents, dans
nos cœurs.
On se retrouvera.
Grand-Mère
C'est si loin
Il y a longtemps
Dans ce village là-bas
Je venais souvent
Tu étais là.
Les années ont passé
L'enfant que j'étais
A grandi.
Et, je reviens aujourd'hui
Chercher la paix.
Je suis fatigué.
La maison abandonnée
N'a pas changée.
Je pousse la porte..
Mon cœur se serre.
Il y a si longtemps
Que tu es morte.
C'est si loin
Mais je n'oublierai jamais.
Pour moi tu es toujours là
Me tendant les bras
Me couvrant de baisers.
Je t'aime grand-mère.
Chaque
année
Chaque année,
Pour arriver jusqu'à toi,
Je traversais la mer.
Tu m'attendais
Sur la place de ton village.
Tu me souriais.
Tu pleurais de joie.
Je me jetais dans tes bras,
Promettant d'être bien sage.
Comme je t'aimais !
Mais je te faisais crier.
Enfant, on ne sait pas apprécier
Le bonheur que l'on a.
Ce n'est qu'après
Trop tard après,
Que viennent les regrets
Et l'envie de tout recommencer.
Chaque année,
Je retourne là-bas
Mais toi tu n'es plus là
Pour m'ouvrir tes bras.
Pourtant à peine débarqué,
Je dis "bonjour grand-mère".
Et j'entends ta voix
Qui me dit
"
Bonjour chéri".
Mirage
Cet été,
J'ai revu ta maison.
J'ai cru que tu étais là
Que tu me souriais.
J'ai tendu les bras vers toi
Ta chère image s'est effacée.
Ce n'était que mon imagination.
Mon cœur s'est brisé,
Mes yeux ont pleuré,
Cet été.
Pourquoi
Ce soir dans nos cœurs
Tout est tourment
Tout est douleur
Ils ne battent plus aussi fort
Qu'au temps du bonheur
Près de nous
Il manque un être cher
Notre copain est mort
Il a quitté la terre
Il aimait tant la vie
Il faisait de chaque jour
Une fête, une joie
Et son rire résonnait partout
Un matin il est parti
Heureux, confiant,
C'était un samedi.
Il ne devait plus jamais revenir.
Pourquoi vivre tous les jours
Etre là aujourd'hui
Disparaître le lendemain
Pourquoi faut-il mourir.
Ce soir dans nos cœurs
Tout est chagrin
Et ce sera toujours comme ça
Mon copain
Tu m'avais dit
Cet hiver
Quand tu viendras
Pour la noël
Nous fêterons
Avec tes cousins
La fin de mon service militaire.
C'est en automne
Que s'est arrivé
On a retrouvé
Ta voiture écrasée
Au fond des gorges de l'Asco.
Dieu seul sait
Ce qui s'est passé
Tu nous a quitté
Bien trop tôt.
Je suis triste aujourd'hui
J'ai perdu ma gaieté
Et toi tu n'es plus là
Pour me consoler
J'entends encore ta voix
Qui me disait
Ce dernier soir d'été
Pour la Saint-Jean
-" Ne pleure pas
A quoi ça rime dis moi
Il faut partir demain
Tu n'y changeras rien.
Regarde-moi
Je suis triste pareil
Tout passera
Ne t'en fais pas
Tu reviendras
Je reviendrai
Et l'été prochain
Nous nous amuserons
Bien plus que cette année !"
L'été prochain
Pour la Saint-Jean
La fête sera monotone
Car toi mon copain
Tu ne seras plus là !